Les trafiquants de cannabis restent libres
Tribunal
SOIXANTE KILOS de résine de cannabis, près de 180 000 francs (plus de 27 000 euros), un lingot d'or, des armes... retrouvés chez plusieurs trafiquants de drogue présumés. Des écoutes téléphoniques laissant peu de doute sur l'organisation du trafic de résine de cannabis entre le Maroc et la France via l'Espagne...Ce n'est pas une mince affaire que les juges de la 12ieme chambre du tribunal correctionnel de Nanterre avaient à juger hier. D'autant que 18 personnes devaient comparaître.
Mais voilà, l'instruction semble avoir été très légèrement menée.
Le volumineux dossier a si longtemps dormi dans un cabinet d'instruction que les prévenus ont comparu dix ans après le début du trafic.
Résultat, les dealers sont plus ou moins réinsérés et visiblement loin de leur business. Sur les 18 personnes convoquées devant la justice, seules 5 étaient présentes hier. Du coup, le procès, prévu sur deux jours, s'est achevé dès hier après-midi.
Et le dysfonctionnement de la justice dans cette affaire a visiblement bénéficié aux trafiquants, qui ont au plus écopé de peines couvrant la détention provisoire.
De multiples voyages entre Maroc et France
Avec trois ans de prison ferme, c'est Mohamed qui a été le plus lourdement condamné. Mohamed, 50 ans, à l'allure d'un retraité tranquille, qui devait pourtant s'expliquer sur l'organisation de ce trafic international. Un business tel qu'un membre du réseau avait été arrêté avec pas moins de 1 t de stupéfiants en Espagne.Là encore, bizarrerie de l'affaire, cet homme n'avait pas été retrouvé. Entre 1995 et 1999, Mohamed et ses complices auraient fait plusieurs voyages. Mais quand il avait été interpellé au péage de Saint-Arnoult (Yvelines) lors d'un retour d'Espagne, les policiers n'avaient rien trouvé dans sa voiture.
Pourtant le chien antistups avait très nettement marqué une croix de mécanicien, planque idéale, vide ce jour-là... Les quantités évoquées dans les conversations téléphoniques enregistrées par
les enquêteurs ? « Des oranges », a affirmé Mohamed à la barre hier. Ou « des escargots. C'est
moins cher au Maroc les escargots », a tenu à préciser le prévenu. Les 60 kilos découverts chez
un complice ? « Je les ai volés dans une cave, mais je croyais que c'était des vêtements », a assuré le prévenu au tribunal.
Le trafic était organisé depuis le café de Mohamed et ses frères, à Suresnes. Le café existe toujours et les frères sont brouillés, mais libres.
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