Des tirs de mortiers incendient un pavillon
Des tirs de mortier, un toit ravagé par les flammes et une famille obligée de trouver refuge chez de proches. C'est le bilan de la nuit du 14 au 15 juillet à Suresnes.
Hier matin, son bébé de trois mois dans les bras, Marie* avait le regard tendu, un peu perdu, dans la rue Bellevue, une étroite artère qui serpente en contrebas du Mont-Valérien. Marie et les siens habitent au deuxième et dernier étage de cette bâtisse où vivent deux familles et le propriétaire. Il y a quinze jours commençait un chantier de réfection de la toiture. Ce week-end, la moitié des tuiles était posée.
« Toute la soirée, on a entendu des pétards. Vers 0 h 30, j'ai vu un éclair et j'ai eu peur mais pour la voiture, se souvient Marie. Si j'avais su… » Vers 1 heure du matin, la famille est endormie quand des fêtards tirent avec un mortier depuis la terrasse Fecheray.
De cette esplanade située devant le cimetière militaire du Mont-Valérien, à quelques dizaines de mètres à vol d'oiseau, la vue sur la maison sinistrée est imprenable. Deux projectiles atteignent la partie du toit pas encore couverte. L'embrasement est immédiat. « Le voisin du dessous nous a réveillés en frappant à notre porte, poursuit la jeune femme. Il nous a crié de nous lever. On a eu juste le temps de prendre notre bébé et de sortir. Les pompiers sont arrivés un peu après et ont éteint l'incendie mais l'eau a inondé notre appartement. »
Quelques heures après ce sinistre, l'heure était au bilan. « On a contacté l'assurance. On va voir comment ça évolue », soupire Stevo, le propriétaire. Cet incendie est le fait le plus marquant de la nuit du 14 au 15 juillet. La précédente avait été plus « violente » avec des tensions entre jeunes et policiers notamment à Villeneuve-la-Garenne et deux blessures aux mains après l'utilisation de ces puissants mortiers, une à Courbevoie et l'autre dans le nord. « La nuit du 14 est généralement plus calme », résume, un brin fataliste, un officier.
* Le prénom a été modifié à la demande de l'intéressée.
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