Refusant que sa soeur Ilham vive avec un non musulman, un jeune maghrébin a tué sa soeur devant le lycée de Suresnes.
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L'intolérance religieuse à la base du drame de Suresnes (trois morts)
Une querelle familiale liée à la difficulté d'insertion en Europe de certains membres de la communauté islamique maghrébine, doublée d'intolérance religieuse, est à l'origine du drame (relaté brièvement dans nos précédentes éditions) au cours duquel un étudiant marocain, Samir Doulim (25 ans), a tué sa demi-soeur Ilham Jbali (20 ans) et son demi-frère, Adil Jbali (19 ans), se donnant ensuite la mort, à l'entrée du lycée Paul Langevin, à Suresnes (banlieue de Paris).
Selon les témoignages de plusieurs jeunes gens fréquentant le lycée et eux aussi marocains, «les garçons reprochaient à la fille de fréquenter un Français, non musulman de surcroît».
La jeune fille a succombé à ses blessures lundi soir et, peu avant minuit, Abil mourait à son tour. Le procureur de la République de Nanterre, M. Stéphane Boittiaux, a indiqué que Samir Doulim et Adil Jbali étaient porteurs de lettres faisant souvent référence à Allah. Les jeunes Marocains y expliquaient qu'ils avaient décidé de tuer Ilham Jbali «parce qu'elle sortait avec un non-musulman» et de se donner la mort après avoir accompli cette sorte de rite purificateur.
Des recoupements de divers témoignages d'élèves de l'établissement permettent d'établir que les trois jeunes gens avaient engagé une conversation animée dans un bar proche du lycée. Quand Ilham a quitté le café pour regagner son lycée vers 13 h 45, ses frères l'ont suivie. Arrivés dans l'allée menant aux cours intérieures, Samir a sorti un revolver à grenaille, trafiqué afin qu'il projette des balles réelles de 9 mm. Il a tiré deux projectiles en direction d'Ilham, deux autres vers Adil. Il a ensuite retourné le revolver sur sa tempe et s'est donné la mort.
Les deux garçons habitaient Elancourt (région parisienne), une des communes de la ville nouvelle de Saint-Quentin. Ilham, quant à elle, demeurait dans une résidence universitaire proche de son établissement scolaire. Samir, étudiant en sciences physiques, passait pour être «très pratiquant, voire proche des milieux intégristes», affirme un habitant d'Elancourt. Il ignore si Adil partageait ces convictions religieuses.
Ce drame semble illustrer une nouvelle fois combien il est difficile pour une jeune fille de confession musulmane vivant dans nos pays d'échapper à l'emprise de sa famille et de sa tradition.
Ignorance
«Il ne peut y avoir d'acte plus sauvage que de se donner la mort ou de tuer autrui quelles que soient les raisons, surtout au nom de la liberté, de l'Islam», a déclaré le recteur de l'institut musulman de la grande mosquée de Paris.
«Les raisons d'un tel acte sont l'ignorance, fléau qui préside à tous les maux dont une société peut souffrir. La communauté musulmane de France a été dans le passé, en raison de la colonisation, privée de tout : de pratiquer sa religion, d'éducation, de liberté, et même de pain. Par conséquent, moins on est éduqué plus on est extrémiste et intolérant» a conclu le recteur. (AFP.)
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