Contre l’insécurité, il faut un Commissaire à Suresnes
J’ai interpellé, vendredi 27 juin, lors d’une séance au Conseil général, le Préfet des Hauts-de-Seine afin d’obtenir la fin de la vacance du poste de commissaire de police à Suresnes ainsi que des renforts de police sur deux secteurs de la ville où les actes de délinquance et d’incivilité se sont multipliés récemment. Voici en quels termes j’ai relayé auprès du préfet les nombreux témoignages de Suresnois victimes de cette dégradation de leur sécurité…
« Il y a maintenant déjà trois mois que l’ancien commissaire de Suresnes a été muté à l’IGPN, sans que ne soit encore envisagé son remplacement. L’absence de commissaire à Suresnes depuis lors se fait d’autant plus ressentir que parallèlement la délinquance de voie publique et les comportements inciviques, les intimidations, les menaces, les tapages et les violences se multiplient.
Ainsi, notamment, aux abords de l’entrée des urgences de l’hôpital Foch, dans la rue Merlin de Thionville, pourtant en plein centre ville, la situation est devenue intenable. Des groupes de jeunes, qui semblent se livrer entre autre à des trafics de stupéfiants, se sont appropriés les abords de la maison de la vie citoyenne et de l’accès au droit et ce malgré la vidéo-protection et les signalements réguliers adressés au commissariat.
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| La maison de la vie citoyenne, "Le petit jardin" |
Le public n’ose plus venir jusqu’à la maison d’accès aux droits et les personnels comme les intervenants, régulièrement agressés verbalement et menacés, n’osent plus garer leurs véhicules dans le parking dédié et craignent de sortir seuls du bâtiment. Leur détresse est telle aujourd’hui que certains intervenants envisagent de ne plus assurer leurs vacations.
De même, aux abords du marché Caron, d’autres groupes de jeunes se sont accaparé l’espace public et causent des nuisances insupportables pour le voisinage et les commerçants. Ces occupations et tapages se prolongent chaque nuit jusqu’à l’aube. Et, la Franco-suisse, qui commercialise en ce moment le nouveau programme destiné à diversifier l’offre de logement sur ce secteur, a vu plusieurs de ses clients potentiels interrompre leur démarche d’achat, lorsque ces mêmes jeunes sont entrés menaçants dans la bulle de vente en vociférant que je cite « ici c’est leur territoire ». Les commerçants de proximité, comme le boulanger, voient chaque jour les jeunes s’interposer face à leurs clients. Les parties communes des immeubles alentours sont régulièrement squattés et détériorés.
La nuit dernière, les incidents ont atteint entre minuit et deux heures des proportions d’une gravité nouvelle aux abords du marché Caron. Après le match de Coupe du Monde de l’Algérie, une soixantaine de jeunes ont tiré des fusées mortiers contre les façades des bâtiments et les bus qui circulaient
Les riverains apeurés ont appelé le commissariat qui, dans un premier temps semble-t-il aurait répondu qu’il ne disposait que d’un seul véhicule. Les évènements empirant du fait de l’incendie du magasin de vêtements situé à l’angle de la place (qui a nécessité l’intervention de deux camions de pompiers) et des nombreux appels au commissariat, des effectifs civils de la Bac se sont rendus sur place.
Malgré les appels répétés du voisinage et les demandes la ville la police n’a pas été en mesure d’affecter les effectifs susceptibles d’assurer la tranquillité publique et la municipalité et les habitants se sentent laissés à l’abandon.
Encore mercredi de cette semaine la presse s’est fait l’écho d’une attaque à mains armée du Picard de Suresnes ; L’heure à laquelle s’est produit le forfait, 10h du matin, démontre qu’il ne s’agit pas de grand banditisme, mais bien de petits délinquants.
Il faut stopper au plus vite cette effervescence de délinquance que nous sentons monter jour après jour à Suresnes.
J’ai saisi le Directeur départemental de la sécurité publique pour que des renforts de nuit soient apportés. Il faudrait que des effectifs permanents supplémentaires soient déployés dans les semaines à venir sur les deux sites en question.
Mais, bien au-delà de cette intervention ponctuelle, l’absence prolongée de commissaire pour diriger les effectifs de police à Suresnes tout comme l’opacité sur les délais de son futur remplacement constitue, dans ce contexte, un très mauvais signe.
Monsieur le Préfet, vous l’aurez compris, Suresnes est dans l’attente d’un commissaire de toute urgence. Je vous remercie de bien vouloir veiller à ce que ce remplacement se fasse dans les meilleurs délais et je compte sur vous pour m’informer des délais dans lesquels ce remplacera se fera effectivement. »
Or la réponse faite par le Préfet des Hauts-de-Seine a malheureusement révélé une non prise en compte de l’évolution récente et de la demande des habitants.
A la multiplication des incidents que je lui rapportais il a opposé que les chiffres de la délinquance à Suresnes ne connaissaient pas de progression « significative »
La commune fait plus que ce qui lui incombe en matière de prévention et de dissuasion alors que l’Etat n’assume pas comme il le devrait sa mission régalienne pour assurer la sécurité des populations. Sur le long terme effectivement les statistiques demeurent dans une moyenne basse, et ces données résultent pour beaucoup de la politique de mixité équilibrée de l’habitat et de l’accent mis à Suresnes sur la prévention et la médiation sociale.
Mais on ne saurait s’abriter derrière ces chiffres pour ne pas prendre en compte la réalité du terrain et adapter de façon réactive la réponse policière aux déplacements de délinquants ou fauteurs de troubles, mobiles et en recherche constante de nouveaux «territoires ». On ne peut répondre aux habitants inquiets ou apeurés des sites visés qu’ils souffrent d’hallucinations et que la consultation des chiffres préfectoraux devrait suffire à les rassurer !
CHRISTIAN DUPUY

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