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Barbecues sauvages à la cité jardins

Suresnes : les barbecues sauvages empoisonnent la vie de la Cité-jardins

Le parking Wilson est devenu le lieu de rendez-vous de dizaines de jeunes. Un endroit ou s’improvisent des soirées festives jusqu’aux premières lueurs du jour.

Suresnes. Au petit matin, les bouteilles vides, les canettes et les cartons de pizzas témoignent des soirées agitées que subissent les riverains.

C'est devenu un rituel au cœur de la Cité-jardins, à Suresnes. Chaque matin ou presque, un balai dans une main, des sacs-poubelles XXL dans l'autre, un agent du bailleur Hauts-de-Seine Habitat nettoie le parking Wilson, à l'angle du boulevard Aristide-Briand et de l'avenue du Président-Wilson. Un parking où, quasiment tous les soirs, s'organisent jusqu'à l'aube, barbecues sauvage et parties de poker à ciel ouvert.

Conjugué à l'explosion du mercure, le bruit généré par ces rassemblements de 30, 40, voire parfois 50 jeunes, est peu à peu devenu insupportable pour une majorité de riverains. « C'est simple, on ne ferme pas l'œil de la nuit, résume l'un d'eux. Ça crie, ça chante jusqu'à 3, 4 ou 5 heures du matin. On a beau appeler la police, personne ne bouge… »

Un canapé au milieu de la rue

Le matin, sur le petit parking, les canettes, les bouteilles vides, les papiers gras, les emballages de gâteaux secs, les boîtes à pizzas et des traces de charbon sur le bitume témoignent des nombreuses activités de la veille. « Ils installent des chaises et même parfois un canapé en pleine rue puis, avec une grille et des plots de chantier, ils font cuire des grillades à deux mètres des véhicules en stationnement, gronde Henri*, dont l'immeuble jouxte le parking Wilson. Un jour, il y aura un drame. Moi de toute façon c'est simple, ce parking, je n'y mets plus ma bagnole… »

Et l'homme sera probablement imité par cette retraitée dont la petite Kia Picanto a été retrouvée vandalisée mercredi matin, les deux ailes enfoncées et les portières rayées sur toute la longueur. « La situation devient invivable, déplore-t-elle. Tout ce qui me reste à faire, c'est l'emmener au garage et déposer plainte. »

Quelques jours auparavant, la retraitée, installée à la Cité-jardins depuis 1992 dit avoir pourtant tiré le signal d'alarme auprès de l'antenne locale de Hauts-de-Seine Habitat. « Une perte de temps, estime-t-elle aujourd'hui. On m'a répondu que la meilleure chose que j'avais à faire était de lancer une pétition dans le quartier. Une honte… »

« Il n'y a que quand il pleut que l'on peut espérer dormir… »

De son côté, le bailleur ne nie pas avoir été alerté que des barbecues sauvages et des parties de poker se déroulaient, une partie de la nuit, au pied des immeubles. « Malheureusement, tout cela dépasse le cadre de nos compétences, glisse Damien Vanoverschelde, le directeur général de Hauts-de-Seine Habitat. Ces rassemblements ont lieu dans la rue et sur l'espace public, pas dans les halls ou les parties communes des bâtiments. Il s'agit d'une question de sécurité publique qui concerne la police nationale ou municipale… »

La police municipale justement effectue « régulièrement » des rondes dans le secteur, selon la ville de Suresnes. « Mais pour tout dire, bien que nous soyons très conscients de ce trouble réel de l'ordre public, on se retrouve un peu désarmé face au phénomène, admet-on dans l'entourage du maire (LR) Christian Dupuy. Quand il s'agit de déloger 5 ou 6 individus, ça va encore. Face à 50 ou 60 individus en revanche, un équipage de trois policiers municipaux ne peut pas faire grand-chose… »

Pas de quoi rassurer les riverains, dont une bonne partie s'en remet désormais au ciel : « Il n'y a que quand il pleut que l'on peut espérer dormir un peu… »

* Le prénom a été modifié.

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